lundi 15 septembre 2014

Tout ce qu'on vous a appris en terminale, c'était en vue du bac ; vous l'avez tous réussi brillamment. Maintenant, on passe à autre chose.

Dixit ma prof de géo au premier cours.

N'ai-je vraiment vécu qu'une semaine et demie de prépa ? J'ai l'impression que j'y suis depuis un mois, ces jours déjà tous placés sous le signe du travail me semblent bizarrement uniformisés, comme si la trame multicolore de tous ces apprentissages effaçaient la notion de matin, de journée, de soir, de week-end, les transformant en patchwork bariolé dépassant la prosaique manie de compter les jours.

Mais je m'emballe. Que m'est-il donc arrivé ?
J'ai :

- Oublié de remplir un dossier pour le logement, paniqué, fait la queue au bureau du crous, me suis arrangée pour le remplir plus tard, ne l'ai d'ailleurs toujours pas fait, déménagé des cartons et des cartons d'affaires, et me suis installée, enfin, dans ma chambre ; je suis affiliée à l'internat d'excellence Jean Zay ; j'ai donc droit à un suivi pédagogique, des cours particuliers, des loisirs, des pièces de théâtre, opéras, conférences... eh oui, l’état nous chouchoute, il n'y a pas à redire !

- J'ai fait ma rentrée dans mon prestigieux lycée ; je passe tous les jours devant l'ENS et le Panthéon, et je me sens à la fois fière et une maladroite imposteur (il n'y a donc pas de féminin à ce mot ?)

- J'ai assisté à une réunion de rentrée ou on nous a gentillement rappelé que nous sommes la crème de la crème, "au premier rang de l'enseignement européen" (je note cependant, non sans amusement, que le mot "élite" n'a pas été une seule fois prononcé ; notre proviseur maîtrise l'art de la subtilité !) ; que nous sommes ici "pour préparer le concours de l'ENS", et pas autre chose ! Et que d'ailleurs, ils aimeraient bien que nous hissions le lycée au premier rang français. Sans vouloir nous mettre la pression, cela va sans dire.  Hum !

Et enfin, j'ai commencé les cours !

Sapristi, j'aurais dû écrire plus tôt, je ne sais pas par quoi commencer.

Peut-être par le fait que, dix minutes avant le début des cours, les premiers rangs sont déjà occupés. Par le fait que nous sommes 50 par classe, ce qui fait plus que toute ma promo d'allemand, Lyon 2 et 3 réunis.

J'ai du adresser la parole, à tout péter, à la moitié de la classe. Mais je les adore déjà. Je me sens tellement à ma place parmi eux : un peu intellos, un peu fous, sympas, pas nécessairement les pieds sur terre, ou alors de manière originale ; j'ai l'impression (en général) d'avoir affaire à des individus propres et non aux clones branchés et socialement corrects que je devais trop souvent côtoyer au lycée. Bien sûr, ils ne sont pas parfaits, ils me gonflent parfois, mais je n'ai jamais eu une vie sociale aussi épanouie. Et je ne vous parle même pas des khâgnes. Ils sont formidables !!! Peut-être que dans un an on sera aussi impressionnants, merveilleux, intriguants qu'eux ?
Mais je m'emballe.

Et pour parler des cours ? Par quoi commencer ?
Par la prof de géo qui m'a fait redécouvrir la matière en la sortant de son enveloppe factuelle soporifique et prendre l'espace, ses dynamiques, ses ressentis, ses représentations, comme objet d'étude. Quelle bouffée d'air frais !
Par les cours d'histoire où on se rend compte qu'on ne sait rien.
Par les cours de français où le prof, bon, prend un microscope, bon, et nous fait redécouvrir le texte d'une façon délectable. Bon. Et ça ne se voit pas tout de suite, mais il a de l'humour.
Par le prof de philo... le prof de philo... *.* Je parlerai du prof de philo plus tard.
Par tout ce savoir dont nous sommes bombardés en permanence...

Pour ce qui est du travail, la transition est marquée mais pas violente. Il s'est opéré un changement dans la construction de mon cerveau je crois, qui me donne envie de travailler. Oui, je suis fatiguée intellectuellement, d'autant plus que je finis à 19h trois soirs par semaine. Mais travailler est aussi une envie qu'une nécessité - puisque nous avons des bibliographies et des pistes de travail giiiiigaaaaanteeeesques. Pas encore de DS, de DM et de khôlles, et déjà je me sens submergée de travail, alors je ne panique pas et je me mets en mode "petite fourmi". Et il y a tant de choses différentes à faire que je ne me lasse jamais.

...
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Pour l'instant ?

A suivre !

La prochaine fois, je vous parle plus précisément du travail et des profs, anecdotes à l'appui ! 

(je vais essayer d'écrire plus ponctuellement, parce que plus le temps passe, plus la perspective de devoir raconter beaucoup de choses d'un coup et de perdre du temps sur mon temps de travail me fait rechigner à venir sur ce blog. Amour sur vous, mes amis.)



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